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Chasse à l'oie en Picardie

Depuis l’arrêté de 2009, la période de chasse du gibier d’eau s’étend du mois de septembre au 31 janvier. Cette année, il y a eu débat.

En effet, les chasseurs aux gibiers d’eau ont vigoureusement sollicité le ministre de l’écologie Philippe Martin afin de prolonger cette période jusqu’au 10 février prochain. Appuyés par Jean-Claude Buisine, député PS de Picardie maritime, leur argumentaire est fondé sur des données chiffrées concernant l’expansion des populations d’oies et des dégâts qu’elles peuvent causer sur les cultures agricoles principalement.

Le Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage accompagné des membres des services de l’Etat, chargés de la Biodiversité au sein du ministère de l’écologie, des représentants de l’Office national des Forêts, de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, des fédérations de chasseurs, mais aussi des représentants d’associations de protection de la nature a étudié le dossier avant d’y répondre favorablement.
« En France, précise Willy Schraen président de la Fédération des chasseurs du Pas-de-Calais, les chasseurs prélèvent 16 à 17 000 oies  chaque année, rapporté à une population européenne de 600 000 oies, c’est dérisoire. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que c’est un groupe d’espèces en expansion. C’est vrai que la directive 79 interdit de tirer sur les oiseaux qui remontent après leur hivernage. Elle a du sens, mais elle ne prend pas en compte le fait qu’aujourd’hui, 35 ans plus tard, il y a des espèces en expansion sur lesquelles la pression de chasse ne serait pas préjudiciable. On ne demande pas à chasser à tort et à travers, juste un peu de bon sens. »

Ce changement de date nécessite la création d’un nouvel arrêté avec révisions concernant la possibilité de chasser avec un chien et de garder des appelants à proximité du poste fixe.

Toutefois, des représentants des associations de protection de la nature, sont opposés au projet d’arrêté et soulignent en la voix de Dominique Py, pour France Nature Environnement, qu’ « Effectivement, les populations d’oies sont en bon état au niveau européen, mais la Directive européenne interdit tout acte de chasse en migration prénuptiale. Toutes les études aujourd’hui montrent que les oies remontent vers le nord dès le mois de janvier et a fortiori en février. Le Conseil d’Etat nous a donné raison à plusieurs reprises. Nous déposerons un recours sur le fond et un référé suspension contre cet arrêté aussitôt après sa publication». Ces recours seront bien entendu examinés en Conseil d’Etat avec un rendu courant semaine prochaine.

Si l’arrêté n’est pas validé par le Conseil d’Etat, Picardie Nature engagera une action en justice contre la fédération des chasseurs de la Somme. 

Par ailleurs, l’Office notarial de la chasse et de la faune sauvage a lancé en 2011 une étude approfondie sur l’oie cendrée. Les résultats prévus en 2014 permettront de mieux comprendre la place de la France en matière de migration et d’hivernage.

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